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26 avril 2016

Agir Autrement / Innovation sociale

Le prochain Facebook nous appartient

Prochain Facebook

Imaginez un Facebook où les membres auraient la capacité de peser sur son fonctionnement, ses règles et ses algorithmes. Une gouvernance partagée qui se traduirait par une contribution de tous les membres pour assurer son modèle économique. Car les utilisateurs de Facebook et autres plates formes dites « extractives », qui exploitent les données personnelles en contrepartie d’une gratuité de façade, mesurent bien la capacité d’agir très limitée que leur accorde les conditions générales d’utilisation de leurs services.

 

Si aucune alternative n’a encore réussi à faire trembler Facebook, les choses pourraient changer avec la multiplication des initiatives sur des champs aussi divers que la musique ou encore la photographie avec Stocksy. Ici, les musiciens et les photographes ont la main sur la plate-forme puisqu’ils en sont les copropriétaires. Ils mettent en commun leur productions, co-décident des règles de financement et impliquent les membres qui ne sont pas que de simples consommateurs.

Fin 2015, Nathan Schneider et Trebor Scholz, deux professeurs américains ont lancé un manifeste sur la nouvelle économie et organisé la première conférence à New-York sur le coopérativisme de plate-forme. Leur credo : « l’économie sociale mérite un internet de la solidarité ». Il s’agit pour eux de donner du sens aux biens informationnels générés par une économie du partage. L’Europe n’est pas en reste, à l’image de la Peer-to-Peer Fondation, initiée par Michel Bauwens, qui souhaite catalyser l’énergie de porteurs de projets alternatifs aux modèles dominants. 

« Le partage de la valeur entre toutes les parties prenantes est la condition préalable. La plate-forme doit ainsi permettre de mesurer les contributions de chacun et de redistribuer la valeur en fonction. Cela sous entend qu’elle ne puisse pas être propriétaire des données. Son objectif est de les faire circuler au mieux », explique Julien Cantoni, membre actif de la P2P Fondation et ex directeur financier dans l’édition, qui porte aujourd’hui un projet de distribution alternatif à Amazon.

L’enjeu : devenir un tiers de confiance « intégral »

Dans ces modèles, il ne s’agit plus simplement d’assurer un service technique et fonctionnel mais d’endosser véritablement un rôle de tiers de confiance intégral en étant en mesure de faire vivre la communauté, appliquer les règles de la gouvernance, sanctionner si besoin voire même ne pas cacher les différends entre les différentes parties prenantes.

 

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