Le Logo du site We are Up Le blog de la communauté Up

29 décembre 2015

Agir Autrement / Coup de projecteur

une accorderie : lieu où la valeur temps remplace l’argent

Une accorderie est un concept venu du Québec qui enrichit les relations à travers l’échange de services et de la coopération, sur une rémunération exclusive en temps. Face à son succès, la Fondation Macif a décidé de porter leur développement en France, à travers le réseau des accorderies qui accompagne les projets répondant à un cahier des charges précis et met des moyens à disposition du réseau. Déjà 5 360 accordeurs, dans 21 établissements, le développement d’une première franchise sociale…


« Une heure de service rendu vaut une heure de service reçu, quels que soient le service rendu et les compétences exigées », c’est le principe de fonctionnement de chaque accorderie, une association d’échanges de compétences pour lutter contre la précarité et l’exclusion sociale. Si le principe est simple, il en va tout autrement pour réunir les conditions du succès d’une telle initiative.

Avant  toute chose, il convient d’étudier sur le terrain si l’offre n’existe pas déjà d’une façon ou d’une autre, convaincre les acteurs institutionnels et prendre contact avec les acteurs de l’action sociale. Aussi, il faut identifier les conditions du financement d’un emploi de salarié à temps plein, souvent au travers de contrats aidés et de la mise à disposition d’un local. Trois conditions indispensables pour prétendre obtenir l’agrément autorisant à ouvrir une accorderie. Pour cela, le réseau estime à 18 mois en moyenne le temps d’incubation nécessaire pour être agréé par le réseau des accorderies de France. En retour, le réseau met à disposition le système informatique de gestion de la « banque de temps » et propose d’accompagner l’animation de ces accorderies.

AccorderieChacune des 21 accorderies existantes verse, chaque année, une cotisation de 200 € au réseau et s’engage à fournir 20 heures au bénéfice de l’ensemble du réseau. Une franchise sociale appliquée à l’échange des compétences, dont la Fondation Macif a la propriété intellectuelle. « Nous reprenons la logique entrepreneuriale de la franchise avec les exigences de l’économie sociale et solidaire », explique Zoé Renaut-Revoyre, déléguée générale du réseau des accorderies de France, qui accompagne particulièrement les initiatives de services collectifs comme, par exemple, la constitution d’un groupement d’achat.

Aujourd’hui, les chiffres parlent d’eux-mêmes, 42 % des 5 360 accordeurs vivent seuls, 22 % sont sans emploi et 65 % déclarent vivre avec moins de 1 000 euros par mois, le réseau va donc travailler à un système qualitatif de suivi des parcours sur 6 mois à 1 an. L’occasion de mesurer les effets de ces échanges, source de confiance en soi retrouvée vers le retour à l’emploi.

L’ENJEU : La subtile animation des échanges

Pour devenir un accordeur, il faut juste faire l’effort de se déplacer à l’accorderie la plus proche, afin de prendre connaissance des usages. Vous pouvez être débiteur ou créditeur de temps, l’essentiel est de participer. Une commission de régulation des échanges est toutefois susceptible d’intervenir, en cas d’abus ou de problèmes relationnels. Une commission de dynamisation des échanges existe aussi dans chaque accorderie alors que l’on observe en moyenne 30 % d’accordeurs participatifs.

Par Thomas Delpech

Chargé de mission / Délégué Général de la Fondation du groupe Up