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2 août 2015

Agir Autrement / Coup de projecteur

Supermarché coopératif : comment organiser le travail bénévole des clients?

La Louve ouvrira ses portes fin 2015 à Paris. 1 114 coopérateurs ont déjà souscrit des parts à cette coopérative alimentaire qui leur donnera à la fois, le droit d’acheter et le devoir de travailler bénévolement chaque mois dans les rayons.

 

C’est la dernière ligne droite avant l’ouverture du premier supermarché coopératif de Paris qui se nichera dans le XVIIIème arrondissement de Paris. Le groupement d’achat de La Louve est déjà constitué et plus de 1 100 coopérateurs ont déjà permis de constituer un capital social de 157 000 €. Investir 100 € (soit 10 parts de la coopérative) est la condition pour pouvoir participer aux décisions sur les achats et acheter soi-même, une fois que les rayons seront ouverts. Une participation qui engage aussi un devoir : celui de travailler bénévolement 3 heures par mois dans le supermarché. Aux caisses, à la gestion du stock, à l’administration ou encore au nettoyage…L’équilibre est fixé à 1 900 coopérateurs pour trois ou quatre salariés employés à plein-temps ; 5 000 références seront alors proposées.

supermarche cooperatifLes porteurs du projet, soutenus par la Fondation du groupe Up, se trouvent actuellement en pleine phase d’organisation et de définition du fonctionnement du supermarché. Une étape importante, à l’image de la Park Slope Food Coop, la coopérative alimentaire créée à New-York il y a 40 ans et dont s’inspire la Louve. Outre-Atlantique, le manuel du coopérateur (ils sont 16 000) fait une bonne trentaine de pages. C’est au moins ce qu’il faut pour fixer les règles qui s’imposent aux coopérateurs en termes d’organisation du travail. Du choix des tâches à effectuer, avec le guide qui explique aux coopérateurs qu’il est plus important de définir les plages horaires sur lesquelles ils peuvent s’engager que de choisir ce qu’ils voudraient faire ; à la gestion des absences et des remplacements qui constitue une grosse partie de ce manuel. Celui-ci ne fait pas non plus l’impasse sur les motifs de sanctions. Ainsi, un coopérateur qui n’honore pas son engagement bénévole deux fois de suite, ne peut plus acheter pendant un certain temps. Une douce utopie menée par des entrepreneurs sociaux inspirés, qui devient concrète et on a hâte d’y être !

 

L’ENJEU : Les relations bénévoles-salariés

Les bénévoles sont des parties prenantes à reconnaître dans les associations qui vont, par ailleurs, employer des salariés. D’un autre côté, dans les projets coopératifs, où le salarié est également sociétaire, le bénévolat apparaît plus comme un prolongement naturel. Néanmoins, force est de constater que le bon fonctionnement entre le bénévolat et le salariat mérite une attention particulière pour éviter toute confusion. Chacun doit trouver sa juste place et son rôle, sous le signe de la complémentarité et de la collaboration, sans lien de subordination.