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12 octobre 2016

Agir Autrement / Coup de projecteur

Projet REDI : mon ami, c’est la (micro) finance

Projet Redi

Les Roms font partie des populations les plus discriminées en Europe. L’initiative REDI (Roma Entrepreneurship Development Initiative) cherche à inverser la tendance en soutenant les entrepreneurs de cette communauté.

 

Ce n’est pas un secret : dans la plupart des pays européens, les populations Roms doivent faire face aux discriminations, ce qui débouche sur un chômage endémique. Le programme REDI cherche à créer un mécanisme qui permette de lutter contre cet état de fait, en commençant par la Roumanie et la Bulgarie, et en facilitant l’accès au financement pour les entrepreneurs Roms. « Je suis chimiste et je vis à Bruxelles, mais je viens d’une famille Rom. A chaque fois que je rentre, on me pose les mêmes questions : comment créer mon entreprise ? Comment faire vivre ma famille ? Au sein de ces communautés, l’absence d’accès au crédit est un problème, bien sûr, mais le pire, c’est la méconnaissance des questions administratives. Avec REDI, nous ne cherchons pas seulement à améliorer la solvabilité des entrepreneurs, nous travaillons également beaucoup sur l’accompagnement technique et le mentorat », explique Petrica DULGHERU, Président de REDI.

Petrica Dulgheru

REDI est porté par le RIO (Roma Initiatives Office) qui fait partie de l’Open Society Foundations, et CoopEst, une société d’investissement qui s’emploie à structurer le développement d’une finance socialement responsable, dans 10 pays d’Europe de l’Est. La moitié du financement provient de la Banque de développement du Conseil de l’Europe. Le financement initial de 400 000 € a permis d’identifier et d’accompagner plus de 500 entrepreneurs. En parallèle, les demandes de prêt de 85 d’entre eux auprès d’institutions de micro-finance ont été soutenues. Si le RIO mène depuis longtemps des actions importantes sur les plans culturel et politique, ses incursions sur le terrain économique avaient été plutôt timides, faute d’expérience en la matière. La coopération avec CoopEst peut changer la donne. « Nous collaborons avec de nombreuses institutions de micro-crédit locales. Pour CoopEst, cela correspond à un engagement plus large. Nous cherchons à jouer un rôle de catalyseur, pour que des populations exclues aient accès au crédit », souligne Bruno Dunkel, Secrétaire général de CoopEst.

CoopEst

La phase pilote a été l’occasion de mieux comprendre la réalité du terrain ainsi que de tester certaines hypothèses. Sur les 500 entrepreneurs accompagnés, seuls 5 ont obtenu une offre de financement. « Il reste beaucoup à faire ! Si nous voulons construire de vrais liens de confiance, nous devons continuer à rassurer les professionnels de la micro-finance d’un côté, et à professionnaliser les entrepreneurs Roms de l’autre», considère Petrica Dulgheru. Les architectes du programme cherchent à accompagner ceux qui veulent reprendre leur vie en main par la micro-finance et la création d’entreprise, sans devoir se résoudre à accepter des prêts toxiques ou émigrer.  

Le programme REDI va maintenant passer à la vitesse supérieure. Des personnes éligibles au programme sont plus que jamais recherchées car, en 2017, REDI va lever davantage de fonds et financer des projets d’entreprise à plus grande échelle. Les activités vont s’étendre en Serbie et en Macédoine, où les Roms sont près de 700 000. Et Bruno Dunkel de conclure, « nous savons que cette question revêt une importance cruciale dans l’agenda politique européen. Le projet REDI servira peut-être de vitrine, et permettra d’annoncer un nouvel effort pour favoriser leur intégration ».

Pour en savoir plus : www.coopest.eu/

 

Crédit photo : CoopEst, Petrica DULGHERU, Fotolia

Par Thomas Delpech

Chargé de mission / Délégué Général de la Fondation du groupe Up