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10 mars 2016

Agir Autrement

L’Économie Sociale et Solidaire attire de plus en plus les chercheurs

Trop spécifique, pas reproductible : pendant longtemps les organisations de l’Economie Sociale et Solidaire n’ont pas attiré la communauté scientifique. « Aujourd’hui, de plus en plus de chercheurs, y voient vraiment une alternative par rapport au modèle dominant. La production scientifique qui en découle, dans les revues référencées par exemple, est un gage de légitimité », souligne Philippe Bance, Président du Conseil scientifique international du CIRIEC et coordinateur de la recherche au Ciriec France, une association dont l’objet vise justement à promouvoir l’économie publique, sociale et coopérative à l’échelle nationale et internationale.

 

Sur les 5 dernières années, plus de 150 chercheurs de 12 pays se sont ainsi impliqués dans les différentes commissions scientifiques nationales dédiées à l’ESS du Ciriec. L’implication étant particulièrement forte en Espagne, Italie et France. Le réseau inter-universitaire de l’économie sociale et solidaire (RIUESS) illustre bien ce dynamisme des jeunes chercheurs. On trouve ainsi sur le site du réseau la liste des chercheurs français qui s’intéressent au champ de l’ESS. « Ces chercheurs ont une approche critique qui peut parfois susciter des réserves des structures de l’ESS qui doivent s’adapter aux contraintes économiques », concède Philippe Bance. Mieux vaut donc être ouvert à la critique constructive quand une entreprise décide d’ouvrir ses portes à un chercheur. Un exercice parfois délicat mais à haute valeur ajoutée pour tirer vers le haut le modèle. 

ESS attire les chercheurs

« C’est encore trop rarement un terrain de recherche évident pour les chercheurs alors que l’ESS fait l’objet d’un traitement médiatique important. Il y a là comme un paradoxe. C’est pourtant la recherche académique qui permet de challenger les organisations de l’ESS et de renforcer ainsi leur crédibilité », considère Thomas Deysieux, qui achève au sein du groupe Up une thèse sur la participation des salariés aux décisions stratégiques.

Thomas Deysieux

L’enjeu : Rapprocher le meilleur des modèles

L’engagement sur le long terme, le partage des décisions et la capacité à impliquer les parties prenantes dans les décisions stratégiques sont des réalités de la gouvernance démocratique des structures de l’ESS. Un modèle dont peuvent s’inspirer des entreprises classiques pour favoriser un rééquilibrage des pouvoirs en interne, plutôt que de limiter les collaborateurs à une capacité d’influence. Une nuance de taille pour Thomas Deysieux ; doctorant au sein du groupe Up, qui fait remarquer « que l’ESS doit sans doute plus travailler en matière de management participatif. Là, il y a forcément à apprendre autour de nous, et la recherche peut contribuer à faire émerger les bonnes pratiques ».