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6 juillet 2016

Agir Autrement / Innovation sociale

Les « civic techs » à l’assaut du désengagement citoyen

France Politics ConceptEt si le collaboratif n’était pas qu’une affaire d’économie mais également de politique ? Telle est l’idée que défendent de plus en plus d’entrepreneurs et d’activistes d’un genre nouveau. Bienvenue dans l’ère des « civic techs » !

 

Abstention galopante, sentiment de déconnexion des élus et de déficit démocratique, montée des extrêmes… C’est un fait : la démocratie représentative traverse une période de crise. D’un autre côté, malgré les formidables progrès accomplis par les technologies de l’information et de la communication au cours des dernières décennies, les incursions du numérique dans le champ politique sont restées, sinon inexistantes, du moins franchement timides. Ceci explique peut-être cela…

Réparer la démocratie

Cette situation pourrait bien être sur le point de changer. Internet s’est en effet fait le creuset d’une culture de la participation (s’illustrant notamment à travers des phénomènes comme le logiciel libre ou l’économie collaborative) et si même l’homo economicus est capable de reprendre le pouvoir, pourquoi en irait-il autrement du citoyen ? Fort de cette conviction, le secteur naissant des « civic techs » rêve de réparer la démocratie grâce à la technologie, en mêlant approche entrepreneuriale et activisme. Pour autant, gare aux faux-semblants : le monde de l’innovation civique est un monde fait de diversité, qui compte autant de projets politiques que d’initiatives. Quand certains ne cachent pas leur ambition de jeter les bases d’une démocratie directe digitale, d’autres se proposent plus modestement de faciliter le dialogue entre gouvernants et gouvernés.

Panorama des applications…

L’application mobile Fluicity, qui se présente comme une plate-forme de « co-construction de l’espace public », cherche à rétablir le lien entre élus locaux et société civile. Concrètement, elle permet aux mairies et aux acteurs associatifs locaux de partager de l’information en temps réel avec les citoyens. Ces derniers peuvent par ailleurs directement s’adresser aux élus afin d’exprimer leur opinion ou de partager leurs idées.

Dans un même ordre d’idée, la plate-forme Parlement & Citoyens organise depuis 2013 des consultations en ligne à l’occasion desquelles parlementaires et internautes se retrouvent pour co-écrire les textes législatifs.

Parlement & Citoyens

De son côté, Voxe, « communauté de pirates citoyens », a développé un comparateur de programmes politiques, utilisé par plusieurs millions de personnes à travers le monde. Léonore de Roquefeuil, la co-fondatrice de cette association, créée en 2012, a en outre annoncé la sortie prochaine d’un nouveau produit qui permettra aux internautes de prendre à partie les candidats à l’élection présidentielle de 2017.

Bien qu’encore jeunes, les « civic techs » pourraient bien à l’avenir profondément bouleverser la vie politique à l’échelon mondial. Jusqu’à rendre possible l’avènement d’une démocratie participative telle qu’elle existait à Athènes il y a 2 500 ans ? La plate-forme open source DemocracyOS, lancée en 2012 en Argentine, a depuis essaimé dans de nombreux pays, dont la France. Son objectif est de s’imposer comme le système d’exploitation d’une « démocratie réinventée pour l’ère d’internet ».

Autre initiative originale : le collectif #MaVoix, qui rêve de « pirater l’Assemblée Nationale à l’occasion des élections législatives de 2017 », en y faisant entrer des citoyens (préalablement tirés au sort et formés au travail parlementaire) dont le rôle se limitera à celui de transmettre les votes exprimés sur la plate-forme. Citons également LaPrimaire.org, où plus de 200 représentants de la société civile ont déjà déposé leur candidature à l’élection présidentielle, en marge des partis.

La liste pourrait continuer ainsi indéfiniment… Et tout récemment, la Maire de Paris, Anne Hidalgo, a annoncé la création d’un espace consacré à l’innovation civique, conçu sur le modèle du civic hall new-yorkais. Quelque soit le chemin choisi, la vague ne semble donc pas près de retomber et les « civic techs » auront sans nul doute un rôle dans l’évolution de la citoyenneté et du rapport aux gouvernants !

Pour en savoir plus : civictechno.fr

 

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