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15 décembre 2016

Agir Autrement / Coup de projecteur

La transmission d’entreprise n’est pas qu’une histoire de plus-values

transmission entreprise

En 2015, les transmissions représentaient 15 % des nouvelles sociétés coopératives et participatives (2855 entreprises). Alors que 82% des dirigeants de PME se déclarent informés de la possibilité de transmettre leur entreprise à leurs salariés, comment développer le modèle ? Interview de Patricia Lexcellent, déléguée générale de la confédération générale des SCOP.

 

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On ne peut pas dire que les rubriques transmissions des sites dédiés aux TPE/PME brillent par leur capacité à mettre la transmission d’entreprise aux salariés au même niveau que les formes classiques. Qu’en pensez-vous ?

Ce n’est pas la consultation d’un de ces sites internet qui va donner à un dirigeant l’idée de transmettre son entreprise à ses salariés. Le meilleur moyen de lui faire franchir le pas est de le convaincre par le partage d’expérience avec un dirigeant de Scop qu’il va être amené à côtoyer dans ses réseaux professionnels. C’est sur ce niveau de proximité que nous devons travailler car nos dirigeants de SCOP sont nos meilleurs ambassadeurs. A charge pour nous de mieux les outiller pour le faire. Parallèlement à ces actions sur le terrain, nous devons renforcer nos relations avec les acteurs institutionnels hors ESS (CGPME, CCI, Chambres des métiers de l’artisanat) avec des actions ciblées pour qu’ils soient en mesure d’informer leurs membres de l’ensemble des possibilités de transmission de leur entreprise. La transmission aux salariés ne doit surtout pas être circonscrite aux situations économiques difficiles. La possibilité de transmettre une entreprise saine aux salariés doit être pleinement intégrée. Il convient de rappeler la durabilité d’une approche qui réduit de 20 à 50% le risque de disparition de l’entreprise dans les 5 ans, le tout en obtenant un prix de cession équitable. 

 

Les dirigeants de PME se montrent désormais plutôt sensibles à cette démarche de transmission durable. Cela n’a pas toujours été le cas ?

On part de loin. La défiance sur ce mode de transmission a été longtemps forte. Le baromètre mené par la CG SCOP à l’occasion de son congrès d’octobre dernier a révélé que 82% des dirigeants d’entreprise connaissaient désormais la possibilité de transmettre à tous les salariés contre 58% en 2010.  Mais surtout que 63% pourraient même se laisser tenter contre 45% en 2010.  

transmission entreprise

En quoi la loi sur l’Économie Sociale et Solidaire de juillet 2014 a eu tendance à refroidir certains employeurs ? 

En effet, la loi a introduit une obligation d’information des cédants à l’égard des salariés, à chaud, en phase de clôture, avec un délai de 2 mois. Cela a effectivement contribué à en braquer certains. Une méfiance d’autant plus injustifiée que le délai n’est pas réaliste car il ne permet pas aux salariés de proposer un projet alternatif au projet du dirigeant. Les projecteurs se sont malheureusement focalisés sur cette mesure en occultant la seconde qui est pourtant plus intéressante. La loi oblige aussi le dirigeant à mettre le sujet sur la table, à froid, tous les trois ans avec, cette fois, une appropriation qui sera bien meilleure. Là, nos ambassadeurs peuvent trouver un rôle de conseiller. 

 

En ligne, quelle est votre stratégie pour promouvoir la transmission en SCOP ?

Un site exclusivement consacré à la transmission aux salariés est en place. Il s’adresse aux cédants. Il manquait son miroir, c’est-à-dire un site qui s’adresse aux salariés intéressés par le modèle que nous proposons. Ce site sera lancé courant 2017. 

 

Pour en savoir plus : www.jetransmetsamessalaries.fr

 

Crédit photo : CG SCOP, Fotolia