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19 janvier 2016

Agir Autrement / Innovation sociale

La relance économique par l’emploi de qualité : le défi du syndicalisme européen

La Confédération Européenne des Syndicats a tenu son 13ème congrès à Paris fin septembre, avec en toile de fond du renouvellement de l’équipe dirigeante un débat sur la nécessité de conjuguer relance économique et emplois de qualité.

 

L’objectif fixé par l’Union européenne visant à réduire d’au moins 20 millions le nombre de personnes touchées par la pauvreté et l’exclusion sociale, d’ici 2020, ne sera pas rempli. « L’Europe émerge lentement du pire de la crise économique mais au prix de bien plus d’inégalités et de pauvreté », déclare Bernadette Ségol, la secrétaire générale sortante de la Confédération Européenne des Syndicats (CES) qui organisait son congrès à Paris, du 29 septembre au 2 octobre, avec quelques 509 délégués venus de 90 organisations syndicales.

L’autre objectif, qui vise à faire en sorte que 75 % de la population âgée de 20 à 64 ans ait un emploi, sera peut-être atteint. Mais à quel prix ? C’est tout le défi de la nouvelle équipe confédérale de la CES portée par Luca Visentini, membre du comité de direction de l’Union Italienne du Travail (UIL), que de peser pour que des emplois de qualité contribuent à la relance économique. Le tout en intégrant le développement du travail non salarié et les nombreuses questions que cela pose pour les syndicats.

syndicalisme européen

« Le premier combat du syndicalisme européen est de s’opposer au détricotage du cadre social existant. L’articulation entre la négociation collective et l’évolution de la réglementation sociale européenne ne fonctionne plus. Il y a de moins en moins d’accords intersectoriels et sectoriels car la priorité du patronat est de négocier au niveau des entreprises, en faisant l’impasse sur la dimension européenne. Le mouvement de création des comités d’entreprise européens est ainsi bloqué. Seule une poignée d’entreprises continue de faire des choses remarquables », explique Claude-Emmanuel Triomphe, délégué général d’ASTREES (Association Travail Emploi Europe Société), une association qui « éclaire les transformations du travail et de l’emploi en France et en Europe ».

L’agenda de la Commission européenne illustre à quel point l’intérêt pour le social est en chute libre. C’est au moment de la Commission Delors (1985-1995) que le syndicalisme européen a vécu son « âge d’or », en participant à la structuration d’un espace européen de dialogue social avec, à la clef, toute une série de directives.

 

L’ENJEU : Transformer le syndicalisme européen en mouvement transnational

La vocation première de la Confédération Européenne des Syndicats est de devenir un mouvement transnational. Or, si la CES est devenue un acteur institutionnel au niveau européen, on est loin du mouvement transnational. Selon Claude-Emmanuel Triomphe, « le social reste profondément national. On reste dans une addition de forces nationales. Sans surprise, on retrouve les positions des États nationaux dans les positions syndicales sur fond d’un euroscepticisme marqué dans les pays du Nord. Une exception est à souligner avec le syndicalisme britannique qui se trouve être plus « europhile » que son gouvernement ».