Le Logo du site We are Up Le blog de la communauté Up

26 avril 2016

Agir Autrement / Innovation sociale

IRES : la recherche au service du débat syndical

ResearchLes chercheurs de l’Institut de Recherches Economiques et Sociales (IRES) produisent des études à la demande des syndicats, qui siègent au Conseil d’Administration. Un institut qui ambitionne de se servir davantage de ses recherches pour nourrir la société, et alimenter le débat par des études qui dépassent les frontières entre les syndicats.

Interview de Frédéric Lerais, Directeur Général de ce centre de recherche aux origines atypiques.

 

Qu’est ce qui a justifié la création de l’IRES, en 1982, par le gouvernement ?

Le constat a été fait que l’analyse économique était dans la seule main de l’Etat. Décision a donc été prise par le premier ministre en place, Mr. Pierre Mauroy, de financer un institut de recherche orienté vers les universités, l’OFCE (Observatoire Français des Conjonctures Economiques), organisme indépendant de prévision, de recherche et d’évaluation des politiques publiques, et Coe-Rexecode (Centre d’observation Economique et de Recherche pour l’Expansion de l’Economie et le Développement des Entreprises), en lien avec le patronat. Il manquait donc un établissement pour les syndicats, avec la volonté de mutualiser leurs recherches. Il n’était pas question de financer un institut par organisation syndicale. La dimension recherche ne s’est pas imposée tout de suite car il s’agissait prioritairement de créer un centre de documentation partagé.

Ires

Aujourd’hui, l’IRES a acquis sa légitimité de centre de recherche mais son financement public est en baisse. Quelle est la situation ?

L’IRES, c’est aujourd’hui une équipe pluridisciplinaire de 11 chercheurs permanents et de 7 chercheurs associés qui publient sur l’emploi, le travail, les relations professionnelles, les revenus et la protection sociale. C’est aussi une vingtaine d’études commandées par les organisations syndicales et produites sous l’appellation « Agence d’objectifs ». Les moyens sont effectivement à la baisse en terme budgétaire et de mise à disposition. Notre capacité de production a ainsi baissé de 30% en quelques années.

Comment affirmer votre rôle dans ces conditions ?

Nous ne sommes pas un centre de recherche au service d’une intersyndicale. Par exemple, les études « Agence d’objectifs » sont commandées unilatéralement par chaque syndicat, sous condition d’une validation du Conseil d’Administration. Si chaque étude répond à un besoin propre d’un syndicat et vise souvent à animer le débat en interne, nous nous efforçons d’élargir celui-ci. Cela a été le cas, le 3 novembre dernier, à l’occasion du colloque que nous avons organisé au C.E.S.E. (Conseil Economique, Social et Environnemental), à la veille de la COP21, sur la sensibilité des syndicats aux questions environnementales. Nous avons ainsi mis en perspective toutes les études qui concernaient la thématique environnement. A l’avenir, nous allons davantage affirmer notre rôle d’animateur de débats, en valorisant nos travaux et en dépassant les divergences entre syndicats. Je tiens à souligner que la CGT, la CFDT, FO, la CFTC et l’UNSA sont parvenus à s’entendre sur le contenu d’un panorama des syndicats en France, produit par l’IRES, à l’occasion du 13ème Congrès de la Confédération Européenne des Syndicats (CES), qui s’est déroulé à Paris, début octobre 2015. Cet exercice d’écriture partagé n’était pourtant pas gagné d’avance !

 

L’enjeu : quelle place pour les financements privés ?

Aujourd’hui, l’IRES n’ambitionne pas de rechercher des financements privés tout azimut car ce serait peu compatible avec la recherche à proprement dit. C’est pour autant un axe pris en compte, notamment en matière de prospective. Et, c’est tout l’objet de l’initiative Sharers & Workers, portée par l’IRES et soutenue financièrement par le groupe Up notamment.

 

Crédit photo: Fotolia, banque d’images, vecteurs et videos libres de droits