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22 janvier 2016

Agir Autrement / Coup de projecteur

FC Barcelone, les socios à l’épreuve du football mondialisé

FC Barcelone, les socios à l’épreuve du football mondialisé.

Camp Nou, le mythique stade du FC Barcelone propose 80 000 places mais les« socios » sont pourtant plus de 170 000, ces supporters sociétaires d’un club dans lequel ils disposent tous d’une part sociale leur octroyant notamment un droit de vote. Une pratique coopérative qui crée l’attachement au club et qui va s’internationaliser…

 

De « socio » à sociétaire, il n’y a qu’un pas. Le FC Barcelone est une société civile, sans but lucratif, à laquelle on adhère avec une part sociale annuelle de 161 euros et le principe d’une personne = une voix. Il faut ensuite débourser entre 700 et 1 000 euros par an pour assister aux matchs, un privilège exclusif mais pas garanti, qui en rejoint bien d’autres : droit de vote, accès à l’information sur l’activité de l’entreprise, revente de places, offres exclusives… En 2015, le club compte 170 000 « socios », qui élisent le président du club tous les deux ans et demis et valident la gestion financière du FC Barcelone, via une assemblée de délégués.

« Obtenir sa carte de « socio », c’est un peu comme une carte d’électeur ; on est « socio » à vie ! Certaines adhésions sont enregistrées dés la naissance car il faut aujourd’hui compter un délai de 7 ans pour devenir socio. Être un « socio » dépasse le fait d’assister aux matchs, c’est la fierté d’appartenir au club qui prime, d’autant que les « socios » ont un réel pouvoir par rapport aux grands actionnaires. Ce sentiment d’appartenance est parfaitement compatible avec le développement du club à l’international », assure Alain Loret, professeur des Universités à Rouen.

FC Barcelone, les socios à l’épreuve du football mondialisé« Il faut savoir que le Real Madrid FC, qui fonctionne sur le même modèle économique international que le FC Barcelone, projette de construire un stade numérique de 15 000 places au Qatar où des « socios » du monde entier pourront assister, en 2025, à des rencontres basées sur des hologrammes, c’est-à-dire des joueurs virtuels, des avatars fonctionnant sous réalité augmentée », précise Alain Loret, par ailleurs fondateur de SWI, une société d’intelligence économique et de prospective consacrée au sport.

Une évolution qui amènera obligatoirement l’entreprise à faire évoluer ses règles d’admission en tant que « socio » puisqu’aujourd’hui encore, il faut être parent de premier ou second degré d’un socio majeur du FC Barcelone pour escompter obtenir le sésame…

L’enjeu : Objectif SCIC pour les clubs français

À quand le premier club professionnel de football à passer en SCIC (société coopérative d’intérêt collectif) ? Il faudra juste accepter que près de 60 % du résultat ne puisse pas rémunérer le capital. Une occasion en or d’impliquer investisseurs privés, collectivités locales (jusqu’à 20 % du capital) et supporters dans un projet commun, avec un droit de vote déconnecté de l’apport en capital. En 2006, l’AVISE a produit une étude qui décrypte les conditions du développement des SCIC dans le sport.