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3 août 2017

Coup de projecteur

Enquêtes : Les Français et les vacances

Selon les dernières enquêtes, les Français reprennent la route des vacances après un ralentissement dû à la crise. Mais qu’il s’agisse des congés ou du temps libre, les inégalités se creusent.

 

À l’approche des vacances d’été, les Français seront beaucoup plus nombreux, cette année, à préparer leurs valises. Selon la dernière enquête Ipsos/Europ Assistance sur les vacances d’été des Européens, ils seront 65 % à prendre un congé estival, soit un gain de huit points par rapport à 2016. Après le brusque coup d’arrêt survenu suite à la crise de 2008, le taux de départ repart ainsi à la hausse. Mais les « grandes vacances » portent de moins en moins bien leur nom car les séjours sont plus courts que par le passé. En moyenne, les Français se reposeront deux semaines cet été (contre 2,7 en 2016) et seront beaucoup moins nombreux à prendre quatre semaines ou plus. Le morcellement des temps de congés et un calendrier très favorable cette année aux week-ends prolongés expliquent en partie cette tendance. Mais la véritable raison est budgétaire. Selon l’étude Ipsos/Europ Assistance, le budget estival moyen baisse de 12 % avec une enveloppe de 1 982 euros. Fort logiquement, on privilégie les séjours sur le territoire français et les solutions les plus économiques. Les locations (42 %) ont par exemple plus de succès que les services hôteliers (30 %).

 

Des inégalités plus marquées

L’augmentation du taux de départ moyen ne doit néanmoins pas masquer la persistance voire l’amplification des inégalités. Un rapport ministériel, publié en 2013, évoquait même une « fracture touristique ». Plus que jamais, les vacances constituent en effet un marqueur social. C’est arithmétique : plus on monte dans l’échelle sociale, plus on a de chances de partir. Comment en serait-il autrement alors qu’une semaine de location pour un couple avec deux enfants équivaut souvent au minimum à un demi-Smic ? Selon certaines analyses, non contents d’avoir plus de moyens, les plus aisés auraient également davantage l’occasion de bénéficier d’hébergements gratuits dans la famille ou chez des amis. Résultat : 82 % des cadres supérieurs partent en congés contre 47 % des ouvriers, selon le Credoc. Dans ces conditions, le droit aux vacances peut-il toujours être considéré comme un acquis social ?

 

891 euros par an consacrés aux loisirs

Les inégalités persistent également si l’on considère le budget loisirs des Français en dehors des vacances. Selon un sondage OpinionWay/Sofinco réalisé en 2016, l’enveloppe moyenne annuelle – en recul d’environ 10 % par rapport à l’année précédente – est de 601 euros avec des disparités importantes selon les ressources : 891 euros pour les revenus mensuels égaux ou supérieurs à 3 500 euros et à 341 euros pour les revenus mensuels inférieurs à 1 000 euros. Une grande partie de l’enveloppe loisirs est consacrée aux enfants avec un écart de 35 à 43 % selon les revenus du foyer. Quant au temps hebdomadaire dédié aux loisirs, il est en moyenne de 9 h 46, une durée que 70 % des personnes interrogées estiment suffisante. Sans grande surprise, les activités privilégiées durant ce temps libre tournent beaucoup autour des écrans d’ordinateur (64 %) ou de télévision (60 %), mais aussi autour des amis et des proches (51 %), de la musique (38 %) et du sport (30 %). Le bénévolat et la vie associative (16 %) bénéficient en revanche d’une importante marge de progression qui mériterait sans doute d’être encouragée.

 

Par Delphine Marseglia

Responsable Marketing et Communication - Marché Avantages aux Salariés - Direction Solution CE