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7 juillet 2016

Coup de projecteur / Engagement responsable

Action contre la Faim : l’exil n’est pas un choix

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En septembre 2015, le groupe Up mettait en place l’arrondi sur salaire auprès de ses salariés Français. Après un vote, 4 structures ont été sélectionnées pour bénéficier de ces dons. Un choix gagnant, puisqu’à ce jour, plus de 40% des salariés participent à l’opération (un record en France).

 

Ce mois-ci, découvrez Action contre la Faim, partenaire du groupe Up depuis 2009 avec l’opération « je déj’, je donne », première opération de collecte de titres restaurant en France.

Action contre la Faim est née en 1979 dans le contexte de la crise afghane, afin de venir en aide aux réfugiés afghans au Pakistan. Depuis 35 ans, l’organisation n’a cessé de faire de la problématique de l’exil une priorité. L’assistance aux populations déplacées ou réfugiées, qu’elles le soient à cause de conflits, de catastrophes naturelles ou de problèmes climatiques, représente plus de 50% des missions d’ACF. L’organisation vient en aide aux populations vulnérables par la prévention, la détection et le traitement de la sous-nutrition, en particulier pendant et suite aux situations d’urgence et de conflit.

Avec la campagne #NotAChoice, Action contre la Faim a choisi de donner la parole aux réfugiés. Des individus avant tout, qui n’ont eu d’autre choix que de fuir leur village, leur maison, leur histoire. Aujourd’hui, nous vous invitons à découvrir le témoignage de Mohamed Zamel, réfugié syrien en Jordanie. Retrouvez l’ensemble des histoires de ces réfugiés sur www.notachoice.org.

L’histoire de Mohamed

Mohamed Zamel est originaire de Syrie. En septembre 2012, alors qu’un groupe armé pénètre dans son village, il décide de quitter la province de Dara’a, au sud-ouest de la Syrie. Blessé, lors de cette attaque, il réussit néanmoins à passer à pied la frontière pour rejoindre la Jordanie. Dans un premier temps, il est emmené dans le camp de réfugiés de Za’atari. Il sera ensuite pris en charge dans un hôpital proche d’Amman, la capitale du pays. Il est désormais installé avec sa famille à Irbid, au nord de la Jordanie.

La frontière syrienne n’est qu’à quelques kilomètres du lieu où il a trouvé refuge avec sa famille. « La Syrie ne sera plus jamais comme avant. Nous n’avons plus d’espoir ». En Syrie, Mohamed possédait trois ateliers de mécanique qui lui permettaient de vivre convenablement avec sa femme et ses quatre enfants. En Jordanie, il n’a pas le droit de travailler. Sa famille survit grâce à l’aide des organisations humanitaires. Une fois le loyer payé, il ne leur reste plus grand-chose. « On ne peut rien faire ici, on ne peut pas travailler. On meurt ici, on meurt là-bas. Alors, pourquoi ne pas rentrer chez nous ? Si nous devons mourir, au moins que ce soit chez nous ».

La sœur de Mohamed a récemment regagné la Syrie avec sa famille. « Tout est détruit ; la maison qu’ils occupent n’a pas d’eau, pas d’électricité, pas même de toit. Mais au moins ils n’ont rien à payer ». Quatre années après avoir quitté son pays tourmenté par la guerre, Mohamed pense aujourd’hui y retourner, sans pour autant avoir de visibilité sur la situation dans laquelle sa famille devra y vivre.

En Syrie : le contexte du départ de Mohamed

Cinq années de guerre en Syrie ont fait plus de 250 000 morts, 4,8 millions de réfugiés dans les pays voisins, 6,5 millions de déplacés internes et 11 millions de personnes nécessitant une aide humanitaire d’urgence. La situation en Syrie ne cesse d’empirer. Economie, éducation, santé, sécurité alimentaire, habitat, eau, assainissement : tous les pans de la société subissent une terrible crise qui dure depuis plus de cinq ans. Au Liban, comme en Jordanie, nos équipes sur le terrain témoignent de la vulnérabilité grandissante des réfugiés après cinq ans passés loin de chez eux. Leurs possibilités d’emprunts se sont épuisées et il est de plus en plus difficile pour eux d’obtenir un permis de résidence. L’accès aux opportunités de travail est également compromis, aboutissant à l’apparition de mécanismes extrêmes de survie comme le travail des enfants. Certains réfugiés, épuisés et désespérés, vont même jusqu’à repartir en Syrie, au péril de leur vie.

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Action Contre la Faim en Jordanie

La Jordanie accueille plus de 640 000 réfugiés syriens soit près de 10% de la population du pays. 85% d’entre eux vivent dans des communautés jordaniennes principalement dans les gouvernorats d’Amman, Ajloun, Mafraq et Irbid.
 Action contre la Faim travaille en Jordanie depuis 2013, principalement au sein des communautés hôtes où la vie est extrêmement chère pour les réfugiés ainsi que dans le camp d’Azraq, un camp dont la population ne cesse de grandir. L’arrivée massive de centaines de milliers de personnes a déstabilisé l’économie locale et les services sociaux, mettant également en grande difficulté les familles jordaniennes déjà vulnérables. Dans le gouvernorat d’Irbid, nos équipes ont adapté leur réponse aux besoins des réfugiés et des familles jordaniennes vulnérables en mettant en place des programmes en eau, assainissement et hygiène, en réhabilitant des infrastructures sanitaires dans les logements, en proposant une assistance financière et un soutien psychosocial. Dans le camp d’Azraq, Action contre la Faim prend aussi en charge les activités en eau, assainissement et hygiène notamment à travers des activités de mobilisation communautaire et des opérations de maintenance des diverses installations. Depuis le mois d’avril 2016, Action contre la Faim vient également en aide aux populations syriennes qui se sont massées dans le no-man’s land de la frontière syrio-jordanienne en espérant une entrée sur le territoire jordanien.